« No Milk… » Bientôt ?

Subsidies : Subventions pour une production ou un service. Not in the original song :-)

Le contexte : L’augmentation des quotas laitiers en 2010-2011, prévue par l’Union Européenne comme chaque année jusqu’à leur disparition à l’horizon 2011 ; Et la libéralisation du marché européen, accusés par les producteurs européens d’être responsable de la chute actuelle des prix du lait.

Lors d’une réunion organisée à Bruxelles lundi 07 septembre, pour examiner les difficultés de la filière laitière et tenter d’y apporter des solutions, Seize des 27 pays de l’UE se sont déclarés favorables à la proposition conjointe de la France à l’Allemagne, qui consiste en une nouvelle régulation du secteur laitier pour accompagner la suppression des quotas et enrayer la baisse des prix. Le texte incluant cette régulation est ainsi soutenu par les pays d’Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Slovénie. Le texte prévoit aussi des dispositions en matière de relations contractuelles au sein de la chaîne agroalimentaire (fixation de prix minimum par exemple) en vue de « prévenir les risques de marché ». Le projet prévoit aussi « d’augmenter temporairement le prix d’intervention dans le secteur laitier, autrement dit le tarif minimum auquel l’UE rachète certaines quantités invendues ». Source : web-agri.fr

L’opposition compte dans ses rangs la Suède, actuellement à la présidence de l’Union Européenne. Son ministre de l’Agriculture Eskil Erlandsson espère même une disparition totale de tout mécanisme de régulation du secteur laitier en Europe après 2015.

Quid des professionnels de la filière laitière ? Etalant leurs mouvements de protestation à travers toute l’Europe depuis plusieurs semaines (source : AFP), ils considèrent les négociations dans l’impasse. Entre autres, l’initiative de la France de fixer un prix minimum de manière contractuelle au niveau national, entre industriels et producteurs, ne semble pas satisfaisante pour les grévistes. Nicolas Coudray, porte-parole de l’Organisation des Producteurs de Lait (qui revendique 20% des producteurs de France), déclare :

«On n’est pas du tout surpris. De toute façon, la proposition franco-allemande ne peut en rien résoudre le problème européen» de la baisse du prix du lait. «Elle porte essentiellement sur la contractualisation entre les producteurs et les laiteries et va aboutir à la fixation des prix du lait par les grands groupes agroalimentaires, estime l’OPL. On va aboutir à des monopoles dans les laiteries [...] Des groupes comme Danone et Lactalis vont faire la pluie et le beau temps».

Conséquence ? Un sombre pronostic. Selon M. Coudray, l’EMB (European Milk Board), fédération d’éleveurs laitiers de 14 pays européens (dont l’OPL) «va certainement appeler à la grève jeudi 10 septembre». Un mouvement qui pourrait débuter «le jour même ou le lendemain, au pire dans la semaine qui suit».

La Fédération Nationale des Syndicats d’exploitants Agricoles, qui tire pourtant la sonnette d’alarme depuis le 25 août à propos de la « situation difficile » de l’ensemble des productions de la région Rhône-Alpes (y compris le lait),  estime cependant qu’une grève du lait serait une « aberration ».

La dénonciation ne date pas d’hier. En effet, depuis plusieurs mois les producteurs laitiers européens dénoncent la baisse du prix du litre de lait qu’ils perçoivent directement, et le secteur est en crise, conformément à l’ambiance générale. Selon le journal Libération, leur marge par litre de lait aurait évolué, entre le début de l’année 2008 et celui de 2009, de 40,4% du montant à 25,9%. Les industriels, producteurs de produits transformés, auraient quant à eux bénéficié d’une augmentation par litre de lait de 41,6% à 52,1% ; et les distributeurs revendeurs de ces mêmes produits seraient passés de 12,8% à 17,1%.

Alors, blocus général ou énièmes Etats Généraux du lait ? La tension reste vive, et la crainte forte d’assister à un phénomène de main-mise de certaines multi-nationales sur un secteur qui se considère déjà sinistré. En attendant, suivez les actualités… Et faites vos courses à l’avance. Au cas où.

Sources : Libération, Web-agri.fr, FNSEA.

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