Date annoncée pour la campagne de vaccination contre la grippe A
Le Premier Ministre François Fillon a annoncé le début de la campagne de vaccination pour mi-octobre, après la mise au point d’une « stratégie vaccinale » aujourdhui.
La liste des personnes prioritaires, a été publiée le même jour par le site d’Europe1. Les premiers concernés sont, sans surprise, les membres du corps médical :
Le Personnels de santé de réanimation néo-natale et pédiatrique ; Le personnel médical, para-médical et les aide-soignants des établissements de santé, ainsi que les médecins et les infirmiers du secteur ambulatoire exposés à des patients grippés ou en contact avec des patients porteurs de facteurs de risque ; les autres professionnels de santé, de secours et transporteurs sanitaires ; Le personnel d’accueil des pharmacies et le personnel des établissements médico-sociaux.
Au vu de la prise de position récente d’une bonne moitié de ce personnel de santé français à ce sujet, il risque d’y avoir d’importantes réactions de mécontentement ; Voire même des refus qui pourraient, à terme, générer une entrave et un blocage du dispositif de campagne vaccinal national. A moins qu’il n’y ait modification du décret permettant aux médecins d’éviter le vaccin anti-grippal.
François Fillon déclare par ailleurs à leur intention :
« Je veux rappeler que la vaccination n’est pas obligatoire mais je fais appel à la responsabilité de chacun », notamment celle « des personnels de santé: nous avons besoin d’eux pour protéger l’ensemble des Français », a lancé le Premier ministre lors d’une conférence de presse à Matignon.
Source : AFP pour Google actualités
Seront aussi concernées les femmes enceintes, les personnes âgées et les nourrissons, ainsi que leur entourage immédiat. A la fin de la liste, une catégorie me laisse pensive : « Plus de 18 ans sans facteurs de risque ». Il pourrait s’agir d’une erreur, car cette entrée suppose la totalité de la population française âgée de plus de 18 ans. Les autres ne sont pas en reste puisque l’entrée qui précède énonce les « enfants de deux à 18 ans sans facteurs de risque ».
Ce que confirme l’AFP :
En bas de la liste figurent les personnes de plus de 65 ans avec facteur de risque, les 2-18 ans sans facteur de risque puis les personnes âgées de plus de 18 ans sans facteur de risque.
En conclusion, l’ensemble de la population non sujette à des facteurs de risques potentielle figure en bas de la « typologie des personnes prioritaires ». D’un point de vue bassement sémantique, on est amené à comprendre que même en dernier, cette large part de la population demeure dans une liste de type prioritaire.
Face au climat populaire d’interrogation et de suspicion à l’encontre des vaccins, Mme Bachelot se veut rassurante :
« La technologie des vaccins » est « bien connue »; Les vaccins qui seront proposés auront « évidemment satisfait à toutes les procédures de sécurité ».
François Fillon fait part de son pronostic :
« Pour beaucoup de nos concitoyens, cette pandémie est pour le moment théorique [...] Beaucoup de ceux qui ne se sentent pas concernés par la vaccination vont, au contact de la montée de la pandémie, certainement changer d’avis ».
Malgré ces pieuses recommandations, selon une enquête TNS Sofres/Logica rendue publique jeudi sur Europe 1, 65% des Français n’envisagent pas de se faire vacciner contre la grippe H1N1. Ce qui représente, pour la population non professionnelle de la santé, plus de la moitié de non volontaires ; Cette campagne de vaccination, dans ce climat de défiance générale, risque donc de démarrer sous de bien mauvais auspices.